12 octobre 2012

Le Pastafariansme est-il un art ?

Bien sûr !

Ou théologie de la Création

La vie elle même est une oeuvre d'art (parfois fort réaliste).

Elle se transmet, mais on ne sait jamais vraiment ce qui est transmis en fait...

Attention ! La vie est une maladie sexuellement transmissible !

ADN_0Oh bien sûr, on transmet des gènes, mais on sait pas lesquels (pas encore). Mais plus, on transmet une histoire familiale et culturelle, dont on croit détenir les clefs, mais qui nous échappent en fait. Ce qu'on en sait n'est que la partie émergée de l'iceberg, et les enfants sont là pour nous le rappeler.

Un artiste répond à son commanditaire suivant son inspiration, voir mieux n'a même pas de commanditaire. Il croit, ou pas, délivrer un message artistique ou autre.

Mais la plupart du temps, sait-il bien ce qu'il "délivre" ?  Il a bien une petite idée souvent, mais le propre de l'art est d'échapper à son auteur.

Il y a toujours un supplément d'âme que parfois l'auteur tente de restituer, mais qui passe d'autant mieux qu'il lui échappe. On admettra que certains sont plus doués à ce petit jeu de cache cache, voir que la technique ajoute souvent un plus, mais l'art véritable est aussi et surtout ailleurs, dans l'impalpable.

Souvent l'artiste croit délivrer un message, mais peut tout aussi bien se contredire sans s'en rendre compte. Les plus lucides l'admettent, qu'ils tentent ou non de le maitriser. John Lennon (Beatles) disait de "Come together" avoir voulu délivrer un message politique... et puis "ça avait tourné autrement" : Son oeuvre lui avait échappé en somme, et pour autant il était content du résultat.

Shpongle_2_L'artiste a évidemment un rapport intime avec son oeuvre qui lui échappe en partie donc. Mais pour autant peut-on dire qu'il confine à l'universalité lorsqu'il reçoit un échos mondial ?

Oui et non : Chacun reçoit l'oeuvre à l'aulne de sa propre sensibilité : Il peut y voir totalement autre chose que son voisin même s'ils sont tous deux fans de l'oeuvre. Chacun peut y voir également bien autre chose que ce que l'artiste a pu y mettre sciemment ou inconsciemment.

Alors soit, il y a bien sûr certaines convergences dans les engouements collectifs qui répondent à l'air du temps, voir à une certaine universalité, mais c'est affaire de résonnance.

On ne peut pas vraiment dire qu'il y ait forcément un lien entre l'artiste et l'admirateur de son oeuvre, qui lui échappe dès lors.

Mais il se passe quelque chose quand l'oeuvre passe à la postérité, comme un Dieu qui fonde une communauté. Chacun se reconnait dans une filiation commune, bien qu'illusoire. Peut-on dire que tous les catholiques croient en un même Dieu, et tous les sunnites en un même Allah ? Surement pas... chacun a un rapport privilégié envers sa Déité. Le paradoxe réside en ce lien commun, et pourtant si différent d'un individu à l'autre.

Pour illustrer, je prendrai l'exemple de l'astrologie. Soit une réunion dont les personnes ne se connaissent pas. On lance alors la discussion sur l'astrologie, et dans le quart d'heure qui suit tout le monde a fini par mieux cerner son voisin, que celui-ci y croie ou pas d'ailleurs. Non pas que l'astrologie soit juste en soi, mais elle fait parler chacun sur lui même. Cela crée du lien social, tout simplement. L'astrologie est aussi intéressante dans la mesure ou elle admet que les affinités ne se font pas forcément par signes, mais parfois entre signes opposés (là s'arrête l'intérêt). Tel n'est malheureusement pas le cas sur les questions religieuses beaucoup plus sectaires.

genesis_crumbDes adeptes de la licorne rose, du FSM, athées, et agnostiques pourraient ainsi se trouver plus d'accointances avec un adepte qui n'est pas de sa chapelle qu'avec un coreligionnaire.

La laïcité devrait pouvoir palier à cela, et le Pastafarisme, en tant que laïque, est une passerelle (bon, c'est pas gagné).

Certains oiseaux se rassemblent avant les grandes migrations pour piailler tous ensemble. En fait, cela a une influence sur leur reproduction. Ces piaillements les renseignent sur leur nombre, et sur leurs difficultés de l'année (piaillements joyeux ou angoissés). De même, la messe du dimanche n'est pas tant importante dans son contenu que dans la façon dont chacun va s'y présenter, et pialle à la sortie de la messe : "oh.. untel a l'air abattu, et unetelle a une bien belle robe brodée, et de nouveaux bijoux, etc."

C'est un régulateur social : Allez au théâtre, à la plage, au supermarché, ou à la Gay Pride sont du même ordre ; Sans parler de la messe télévisuelle dont on parle le lendemain au boulot.

fsm_web_cardChacun met en scène sa vie artistiquement pour se situer dans le grand cirque de la vie par rapport aux autres, et cela informe la communauté sur son état de santé (de soi et de la communauté).

En sociologie le structuralisme procède de même : Il s"agit plus de repérer les cultures les unes par rapport aux autres, que d'établir une hiérarchie de valeurs. Tel courant se porte bien, tel autre est en perte de vitesse, par rapport à un mouvement global ; demain sera peut-être inverse, mais chaque tendance informe sur la compréhension du mouvement global. Il n'y a pas de point de référence fixe.

Ceci dit le Pastafarisme a enfin posé ce point de référence universel qui nous manquait jusqu'ici.

Pour en revenir à l'art, la boutique de Ben était exposée à Beaubourg, et chacun d'ajouté un petit commentaire sur des chutes de papier peint de la boutique. J'y ai rajouté "cette oeuvre n'eut pas été achevée sans ma signature" et de signer. Pour dire que l'oeuvre n'existe que dans l'investissement de son admirateur. Elle n'existe que dans cette interactivité. Une autre oeuvre était constituée d'objets hétéroclites pêle mêle dont on pouvait faire le tour, mais bien que l'espace soit suffisant pour qu'on pénètre son périmètre personne ne le faisait, et je me suis permis donc de franchir cette limite symbolique : Je n'étais plus spectateur de l'oeuvre mais un élément de cette oeuvre : Mais signifiant aussi par là que j'en faisais déjà partie rien qu'en la regardant de l'extérieur auparavant.

Mais ils ont résolument refusé que je mette des moustaches à la Joconde : Comprends pas ? (Ceci dit des artistes le font sur des pastiches)

Ainsi un bon concert est un concert ou le public est généreux : Participe quoi !

J'étais à un concert de rock dans une salle de théâtre : Franchement rester assis sur son siège était une "hérésie" à laquelle chacun se plia pourtant. j'allai dans une travée pour danser, imité par de rares comparses : Méfions nous, la vie est une oeuvre d'art, mais trop souvent la place du spectateur a été définie par avance , l'empêchant d"en profiter pleinement. C'est au spectateur de définir sa place.

Une autre foi_ , à un concert de blues, je me permis de faire quelques vocalises façon godspell (déjà). Le chanteur tendit ostensiblement l'oreille, et mis son pouce en l'air en signe d'approbation.

Tout ceci pour dire que la messe n'est pas écrite d'avance : Elle mérite qu'on la fasse vivre en la réécrivant au faire et à mesure. A nous de l'investir.

Le Happening :

On enfonce une porte ouverte en disant qu'une oeuvre n'existe que dans le regard porté sur elle, et un courant artistique, le happening, le souligne : Ce qui importe c'est le sentiment que l'oeuvre inspire au spectateur, et non point l'oeuvre dans son écrin inaccessible. Le "happening" essayent de mettre ce "sentiment" au coeur de l'oeuvre en favorisant son expression. Précisons : Dans le happening, l'oeuvre n'est plus tant l'oeuvre proprement dite, mais aussi, et surtout, elle est tout ce qu'elle sucite chez le contemplateur : Le spectateur et ses réactions font partie intégrante de l'oeuvre en soi, et plus du fait le spectateur en devient donc l'auteur, au même titre que l'artiste à l'origine du prétexte à cette oeuvre dynamique.

C'est le principe du ciné club : On regarde et on discute de son point de vue avec les autres après. Evidemment certains artistes donne dans la facilité : Balancez donc un seau d'eau froide sur vos spectateurs provoque une réaction, c'est sur ! Bon, la provocation provoque des choses intéressantes, mais pas forcément d'une profondeur instructive. Sauf si l'auteur tente d'expliquer la portée métaphorique du seau d'eau glacée : Il a intérêt à être très bon !

Ce fut le principe de la pub Beneton à une époque : Art, provocation, ou pur accroche publicitaire ? Quoi qu'il en fut les "réactions" en firent un vrai "happening" qui dépassa et échappa à la simple accroche publicitaire... (même si cette échappée fit partie de cette accroche en soi).

Le "happening" est un art difficile et tout en nuances : 
Par exemple "La Joconde"

Point n'est besoin d'ailleurs, de mettre des moustaches à la Joconde pour faire du "happening" en se donnant Duchamp ; Quoi que la réaction des contemplateurs, de l'establishment artistique et étatique, de la presse seraient sans doute instructif à maints égard. Non, il suffit d'entamer la discussion avec un autre contemplateur, de façon assez bateau d'ailleurs, pour mieux inviter à l'expression (intime tout de même) de l'opinion des autres et leur confrontation.

Triptique_Mona_Lisa

La difficulté est souvent d'ordre théologique : le Maître déifié c'est l'artiste, et l'adorateur est bien trop insignifiant face à sa grandeur pour se permettre un avis quelconque. Accessoirement, on peut faire appel à un guide (spirituel : prêtre ?) qui nous décriptera ce qu'il est bon d'en penser d'un point de vue érudit.

Mona Lisa 4

Une oeuvre à Beaubourg comportait de petites Tours Eiffel à ses pieds afin que les spectateurs les emportent, mais les gens n'osaient pas, et Beaubourg est resté avec un tas de tours Eiffel sur les bras.

Mona lisa

Aussi l'artiste "happynissien" est-il amené souvent à la provacation. Si votre voisin ne répond pas à vos opinions sur la Joconde, vous pouvez attaquer le dogme en disant que "Cette oeuvre n'est qu'une croute informe, dont la réputation est très exagérée" : Si l'adorateur n'est pas digne de commenter le Maître, il est par contre en devoir théologique de le défendre contre les attaques.

La subtilité consiste en fait à mesurer la timidité du spectateur, et éventuellement à ne pas s'imposer face à une personne qui n'a tout simplement pas envie de discuter(dommage, mais c'est son droit).

Le "happening" consiste à briser la barrière Théologique, pas à violer le spectateur, et la nuance est parfois ténue. Face au silence du voisin, vous pouvez sortir un marqueur en disant que "finalement Mona Lisa serait mieux avec des moustaches" : Si la discussion ne s'amorce toujours pas, le seau d'eau glacée, ou la prise d'otage ne s'impose peut-être pas (quoi que ?)

Le Monstre en Spaghetti volant, quoi que parfait et Omniscient, est quand même un Sacré poivrot, très approximatif donc dans ses Desseins Innitelligents, que nous pouvons commenter donc, voir critiquer jusqu'à envisager d'en corriger les inconvénients les plus dérangeants. "IL" l'a dit lui même dans ses "8 condiments" : "JE ne suis pas vaniteux" (mon oeil). L'oeuvre du Créateur y est donc à investir comme un gigantesque happyning : L'oeuvre n'est point donc le monde et les créatures qui l'habitent dont nous serions la clef de voute, une oeuvre sacralisée dont on aurait pas le droit de toucher, voir de critiquer, car appartenant à son Créateur... mais donc un happening ou les spectateurs ferait partie intégrante de l'oeuvre et de sa création in fine, en en étant à la foi_ l'objet (sa création originale) et son recréateur permanent par l'apport de son point de vue sur lui-même, ce qui l'entoure, et le créateur premier lui-même.

Le "Happening" est donc une composante essentielle de la contemplation de l'oeuvre de Notre Créateur.

 Ce blog est une messe déjà bien dense, soit mais pas figée par son auteur. En fin de blog , vous trouverez une extension de blog où vous êtes libre de vous exprimer... ou pas... (en plus des commentaires en bas de page) de toute façon ne pas s'exprimer est une façon (spectatrice et moins riche) de s'exprimer.

 Théologie du mouvement Punk !

Malentendu fondamental : A l'origine le Punk ne consiste pas à adopter une attitude et produire des sons dérangeants pour choquer le puriste.

Non ! le mouvement Punk est une réaction au purisme élitaitare, qui voudrait que l'art soit produit par une élite de perfectionnistes pour des exégètes. A l'époque en musique populaire, les groupes anglo-saxons, cherchaient tous à être les meilleurs dans leur domaine : que ce soit dans la chansonnette (Beatles), le pshychédélisme(King Krimson, Pink Floyd), la performance (Clapton, Hendrix), l'expressivité (Joplin, Cocker), soul, jazz, ,etc., voir même le décalé (L Reed, Bowie).

Il n'y avait plus guère de place pour les groupes ordinaires, qui n'avaient que la prétention de juste faire de la musique pour le plaisir, sans chercher plus avant une quelconque forme de perfection, tant dans la composition que dans l'exécution.

Alors nacquit le mouvement Punk qui ne voulait au départ que ce plaisir simple de faire "sans se parfaire".

Evidemment, les critiques, et une partie du public, désormais habitués à l'excellence, décrièrent ce style baclé, ce d'autant que le public s'identifiait à ce qu'il écoutait (je suis excellent si ce que j'écoute est excellent). Notons au passage que l'exigence pesant sur la qualité des prestations ne pesait plus sur les seuls artistes : Prendre son pied dans une certaine médiocrité devenait difficile même pour le narcissisme du spectateur... Le punk fut très vite confronté à ce dédain, et tomba en partie dans la provocation : " Eh oui ! nous jouons mal, et alors... ça ne nous empèche pas de prendre notre pied ! Mais tenez... on peut même jouer encore plus mal, pour bien vous prouver qu'on n'en a rien à faire de votre prétention à vouloir nous faire taire pour médiocrité : Même hyper mauvais, nous avons vocation à nous exprimer quand même".

L'idée de départ n'était pas de chercher à être mauvais, mais d'être juste assez bon pour prendre son pied à minima. Par exemple la musique celtique pourrait être qualifiée de Punk : Bien sûr ils cherchent à faire de leur mieux, mais sans prétention, mettre de l'ambiance se suffit à lui même sans plus.

Alors certes, une partie des Punks on fait de la provocation leur fond de commerce (à la limite de renier le mouvement en recherchant l'excellence dans la provocation), mais il a permis aussi à toute une génération de musiciens de reprendre confiance en leur mission de simple divertissement sans autre prétention : Prendre son pied avec son public malgrés quelques couacs se suffit à lui même.

La "House" en est d'ailleurs l'héritière directe du concept.

Bon ! vous aurez peut-être reconnu notre Joyeuse Déité Inconséquente, Hautement Fêtarde et Ivrougnesque au Plus Haut des Cieux dans ce portrait de la punkytude : C'est sûr "IL" n'a pas cherché à donné dans l'excellence lors de sa Création Ivrougnesque du monde : Bon, c'était juste pour le plaisir, comme ça...

350px_DioStressQu'est-ce à dire aussi, notre vie est une oeuvre d'art, mais pour certains il ne conviendrait pas de s'approprier l'oeuvre de sa vie, tant qu'on ne maîtrise pas les capacités suffisantes pour prétendre à l'excellence : "Laissez donc l'élite modeler votre vie à sa convenance : Ce sera tellement plus beau".  Lâchez vous donc dans la punkytude : point n'est besoin de viser l'excellence, prenez donc votre pied à façonner votre vie sans plus de prétention que de prendre votre pied à le faire, et envoyez donc promenez les cassandres critiques élitistes sur la qualité intrinsèque de votre oeuvre.

 P.S. : Bon, internet c'est bien pour l'expression collective, mais rien ne vaut le contact direct du prosélytisme dans la rue : Du happening , du bon, du vrai, dont nous vous entretiendrons ici prochainement (faites nous part de vos expériences en la matière).

Crédo in sanctam ecclesiam pastafaricum                  RAmen.

perdu ? la carte aux trésors

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Posté par Yves Forban à 13:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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